Une Cordillère sans Frontière

LES NEWS

Le micro-crédit à El Hogar de Cristo

Le 10 mai 2019

” Sans le micro-crédit on ne peut pas évoluer, ici à Hogar de Cristo ils aident les personnes à faibles revenus.”

Depuis 2002, el Hogar de Cristo a mis en place un programme de microfinance destiné principalement aux femmes. Inspiré de la Grameen bank de Mohammed Yunus, l’accès au micro-crédit suit 3 grandes étapes.
Durant la phase 1, les femmes forment des groupes de travail de 3 à 4 personnes. Ces groupes sont très importants car ensemble, elles gardent une dynamique dans un environnement où chacune motive l’autre. Les différents groupes ainsi formés se retrouvent et suivent des cours donnés par des associations de couture, de confection artisanale, de cuisine, de confection de chaussures… Cependant savoir créer de délicieuses empanadas (feuilletés farcis) ou de magnifiques chaussures ne suffit pas. Pour monter son entreprise, toute une organisation est à mettre en place. Ainsi, le programme inclut également des cours de commerce, de marketing, de comptabilité, de communication…


“S’inscrire ne suffit pas, il faut s’exercer. Tout dépend de votre motivation !” rappelle
Jenny, la coordinatrice des initiatives économiques et solidaires, à chaque nouvelle “élève”.

C’est à la fin de cette première phase d’apprentissage qu’un micro-crédit est envisageable. Celui-ci est accordé afin d’investir dans du matériel, des machines ou des matières premières permettant de créer sa micro-entreprise.
Les personnes qui viennent à Hogar de Cristo cherchent avant tout à acquérir un savoir-faire et à suivre des formations. C’est pour cette raison que sur une trentaine de personnes qui suivent la première phase, seules 8 à 10 personnes feront une demande de micro-crédit. Certaines possédaient déjà un commerce avant de suivre les formations et d’autres feront le choix d’investir par elles-mêmes.

La phase suivante, composée de formations plus poussées, ne sera poursuivie que par la moitié des personnes de la phase 1. Les raisons de cette différence sont diverses : la micro-entreprise a déjà été construite, le manque de temps (la phase 1 demande 2j/semaine contrairement à la phase 2 qui requiert le double de temps), ou parfois certains maris regardent d’un mauvais œil leur femme sortir si souvent de la maison pour aller aux formations et les dissuadent de continuer.

“Mon mari ne veut pas que je travaille dehors. Mais ma micro-entreprise à domicile lui convient bien car je peux m’occuper du bébé en même temps. Ce sont des libertés que je n’aurais pas dans un autre travail.”

Au sein du site de Guayaquil, près de 118 groupes de personnes ont un micro-crédit, ce qui équivaut à 722 clients. Ce dernier doit uniquement être investi dans le commerce afin de le faire évoluer.
L’équipe del Hogar de Cristo se doit donc d’accompagner les entrepreneurs, de visiter le commerce et de vérifier l’investissement afin que les micro-entrepreneurs soient en mesure de rembourser le prêt sans difficulté.

“J’ai pu investir l’argent du Micro-crédit dans l’achat de nouveaux produits et ainsi croître mon entreprise. Aujourd’hui j’ai un revenu supérieur et plus sûr.”

Les micro-crédits peuvent aller de 200 $ à 1 500 $ et doivent être remboursés sous 4 à 9 mois. Ici il n’y a pas de taux d’intérêt, ce sont des frais de dossiers car l’argent n’est pas capitalisé. Ces frais de dossier sont de 2,5 % mensuel, ce qui correspond à 29,5 % annuel contre 49 % de taux d’intérêt pour les crédits équatoriens. Vous trouvez ce taux élevé?  Nous vous expliquons le pourquoi du comment en bas de page.

Nous avons eu l’occasion de rencontrer de nombreux entrepreneurs. Les témoignages récoltés montrent que les formations et le micro-crédit sont de véritables opportunités pour eux de créer et de faire croître leur entreprise. Cela permet un changement au cœur des familles : les revenus sont plus importants et les femmes plus indépendantes.


Pourquoi les taux sont-ils élevés ?

Les Institutions de Microfinance n’ont pas pour but de maximiser le profit mais ont pour but de maximiser l’impact social, tout en cherchant à être autonome financièrement. Cependant il existe des charges qu’il faut pouvoir financier : les formations, l’accompagnement des micro-entrepreneurs, la charge salariale et les autres charges fixes tels que les locaux. De plus, le nombre élevé de clients en comparaison au faible montant des micro-crédits augmente les dépenses opérationnelles. Ces taux doivent également être mis en relation avec le taux directeur de la Banque Centrale du pays et donc impactent le coût du financement local. Chez Hogar de Cristo seulement 3,87% des micro-crédits ne sont pas payés en temps voulu ou ne sont pas remboursés. Ceci montre une belle organisation et un système efficace permettant aux entrepreneurs d’investir de manière utile afin que cela porte ces fruits.

Pour limiter le non remboursement chaque dossier est étudié. Lorsqu’un demandeur a déjà un micro-crédit dans une autre banque, el Hogar de Cristo peut savoir si le remboursement se fait dans de bonnes conditions grâce à un logiciel mettant toutes les banques en relation. Si le remboursement s’effectue mal, l’organisation ne permet pas de nouvel emprunt.

El Hogar de Cristo

El Hogar de Cristo, travaille depuis 48 ans dans les zones les plus vulnérables. Présent dans le monde entier, il possède 5 sites en Équateur dont le plus important se situe à Guayaquil. C’est au sein de ce dernier que nous avons reçu un accueil chaleureux et pu découvrir ce qui se cache derrière les portes del Hogar de Cristo.

Mais avant de vous présenter les différentes actions del Hogar de Cristo de Guayaquil, il nous faut comprendre le contexte dans laquelle évolue l’association.


El Hogar de Cristo agit dans une zone non officielle de Guayaquil appelé Monte Sinaí.
Cette zone possède une histoire compliquée et controversée que nous allons essayer, avec nos mots et les rapports que l’on nous a donnés, de décrire le plus justement possible. Excusez-nous d’avance pour ce récit probablement incomplet.

Microfinance solidaire

El Monte Sinaí situé au nord de Guayaquil est un terrain appartenant au gouvernement. Dans les années 50, une grande population est venue des campagnes dans l’illusion de trouver un meilleur emploi dans la ville de Guayaquil. De nombreux espoirs ont été déchus et une grande partie de la population s’est installé sans permission dans le Monte Sinaí qui n’était qu’un terrain vide à l’époque. Cette population n’a cessé d’augmenter par un exode rural toujours présent mais aussi par un taux de natalité très important de la population déjà installée. Sur ce terrain ils doivent faire face à un accès restreint à l’eau, à l’électricité et à une violence très présente.

D’après le ministère du développement urbain et du logement il y avait 274 000 habitants sur le site en 2012.


Depuis toujours el Monte Sinaí est victime d’une grande instabilité. Elle fut la proie de trafiquants de terre qui ont pu opérer grâce à la complicité et/ou le silence de certaines forces politiques. Ce qui eut pour conséquence d’aggraver la situation de vulnérabilité et a augmenté la liste des besoins de ce secteur. Ici, se reflètent des problèmes visibles dans toute l’Amérique latine : une différence forte entre la ville et la campagne, une méfiance envers les formes politiques et une mauvaise gestion pour affronter des problèmes existants.

Le secteur du Monte Sinaí a connu son point le plus tragique durant les années 2010.

À son arrivée au pouvoir, le président Rafael Correa a décidé de mettre un terme à l’expansion du Monte Sinaí et qu’une légalisation des terrains devait être faite. De nombreuses personnes n’ont pas pu payer les sommes onéreuses demandées par le gouvernement. Une politique de force a alors été mise en place avec un point culminant en 2013 durant lequel de nombreuses familles ont vu leur maison détruite.
Aujourd’hui, les problèmes de légalisation sont toujours d’actualité. Depuis 2017, plusieurs membres de Monte Sinaí se sont mobilisés avec el Hogar de Cristo pour demander la législation de leur terrain. C’est un travail long et difficile avec une population qui a du mal à faire confiance car trop souvent déçue. Ensemble ils veulent faire valoir une loi équatorienne indiquant qu’à partir d’un certain nombre d’années vécues sur un terrain non réclamé le terrain appartient aux habitants. 95% des personnes qui luttent pour cette légalisation sont des femmes qui ne veulent pas que leurs enfants vivent la même histoire que la leur.


El Hogar de Cristo mène de nombreuses actions pour répondre aux diverses problématiques de Monte Sinaí. Ils ont ainsi créé un atelier de fabrication de maisons traditionnelles vendues à faible prix aux familles, construit une entreprise de transformation de jus de soja pour faire face à la sous-nutrition, bâti une maison accueillant les femmes et les enfants victimes de violences familiales, sans oublier l’ouverture d’un collège spécialisé dans l’informatique permettant à tout élève d’avoir accès à l’éducation, et l’aide aux femmes à l’accès à l’entrepreneuriat via la microfinance.

Microfinance solidaire

C’est d’ailleurs ce dernier secteur que nous avons surtout visité et découvert. Patience, nous vous en disons bientôt plus…

Bon week-end de Pâques à tous !


Traversée de l’Equateur

Nous prenons enfin le temps de nous poser pour vous écrire. Il faut dire que nous avons vécu de riches expériences et que tout s’enchaine très vite.

Notre route vers la côte équatorienne été remplie de surprises. Notre plus grand challenge a été d’arriver jusqu’à la laguna Quilotoa, un lac perché à 3 914 mètres d’altitude au beau milieu d’un cratère volcanique. Pour l’atteindre nous avons pris le temps de monter. Deux jours d’ascension au cœur des paysages magnifiques typiques des Andes, entourées de familles paysannes gardant leurs troupeaux de moutons, à la fois accompagnées de leur bâton et de leurs chiens. Ou encore, admirant les femmes en habits traditionnels travaillant la terre à la main et portant dans leur dos leur enfant emmitouflé dans des tissus multicolores. Ici et là courent les chiens, les chevaux ou les moutons. Notre premier jour d’ascension avec plus de 1 490 mètres de dénivelé positif en 59 kilomètres s’est finalement révélé plus simple que prévu. Entourées de toute cette vie et des paysages à couper le souffle… nous étions comme libres à vélo dans un environnement qui nous était encore si peu connu de voir. Chaque virage nous révélait la route qui n’attendait que nous, d’autres sommets à gravir, d’autres paysages à découvrir. On vous laisse imaginer le bonheur que ce type de voyage procure.

Après notre deuxième jour d’ascension jusqu’à la laguna Quilotoa, ascension qui était d’ailleurs courte mais rude, on a enfin pu découvrir ce lac irréel au beau milieu d’un volcan. Le lac s’est formé à la suite d’une explosion volcanique il y a 800 ans, la neige ayant fondu, un lac impressionnant s’est alors formé. Et ce n’est pas tout, la lave produite par l’explosion a également créé des canyons de plusieurs kilomètres de long atteignant parfois plus de 500 mètres de profondeur. Qu’est-ce qu’on se sent petit ici !

Il est temps de quitter la laguna et de se diriger vers la côte. Après de belles montées, nous voilà parties pour 80 kilomètres de pure descente. En moins de dix minutes, on quitte les Andes où l’atmosphère est sèche et assez frisquet pour traverser de petits brouillards donnant tout doucement naissance à une végétation verdoyante. Puis l’ambiance se fait de plus en plus humide, nous ne voyons bientôt plus que 10 mètres devant nous. Plus tard, nous nous retrouvons dans un environnement semblable à celui de l’Amazonie, alors que nous sommes en plein milieu de l’Equateur, ceci nous semble inimaginable ! Végétation ultra abondante, cascades, rivières, humidité, chaleur, couleurs, tout y est ressemblant !

Sur notre route, on sera ensuite invitées dans un hôtel tenu par des personnes rencontrées quelques jours auparavant. Grand luxe pour nous ! Et pour être honnêtes, nous en avions bien besoin après plusieurs jours en tente. Suivant leurs conseils, on choisit de prendre le bus pour les 140 prochains kilomètres avant de réaliser nos deux derniers jours de vélo pour arriver à la « playa » ! Et n’allez pas imaginer que la côte est plate, avec la chaleur et le dénivelé, nous avons bien souffert. Mais on y est finalement arrivées ! On vous laisse découvrir ce paysage et la plage préservée de « Los Frailes » dont le sable est blanc et fin.

Après quelques jours de repos sur la côte, on pédale vers Guayaquil, ville dans laquelle nous allons rencontrer « el Hogar de Cristo », une association pratiquant le micro-crédit ainsi que de nombreuses autres actions. Nous avons été beaucoup touchées par leur fort engagement. Venir en aide aux plus vulnérables dans les zones péri-urbaines souvent très défavorisées de la ville.Voilà pourquoi une centaine de personnes se lèvent tous les jours chez Hogar de Cristo. On vous raconte très vite cette rencontre !

Depuis Guayaquil, nous avons traversé la frontière Equateur- Pérou. Une partie en bus et une partie à pédale. Déjà plus de 1700 km parcourus à vélo et ce n’est que le début !

Dirección Ecuador

Le 3 mars 2019

Après 22 jours en Colombie, nous avons continué la route pour de nouvelles découvertes ! C’est parti, direction l’aéroport à vélo, nous nous envolons pour Quito, la capitale de l’Equateur !

Nous ne restons que quelques jours sur la capitale, le temps de nous acclimater à l’altitude et d’organiser plus précisément nos prochaines étapes.

Bien que notre passage y soit court, Quito restera pour nous une ville impressionnante. La ville est entourée de volcans et de paysage verdoyants. Nous avons eu la chance de trouver un logement au sein du centre historique. Son architecture coloniale quasi omniprésente rende ce quartier le plus grand centre historique d’Amérique latine ! Les mélanges de styles y sont d’ailleurs assez originaux, jugez par vous-même…!

Après trois jours sur Quito et nos vélos bien ajustés, nous nous dirigeons vers el parque national el Boliche dans lequel nous allons passer la nuit. Cette étape sera gravée dans nos mémoires puisque nous avons parcouru plus de 60km sous la pluie et avec XX mètres de dénivelés. Quel bonheur d’arriver et de prendre une douche chaude ! La soirée s’est poursuivi avec un agent du ministère de l’environnement que nous a partagé sa passion pour la richesse de son pays. Bien que l’équateur n’ait pas de saison, toutes les températures y sont présentes : de la côte à l’Amazonie, on passant par la Cordillère des Andes. 

En parlant d’Amazonie, nous profitons de notre passage en Équateur pour retourner à Tena. C’est dans la capitale de l’Amazonie qu’Anne avait passée 4 mois en tant que coordinatrice de volontaires il y a deux ans et demi. Que d’émotion ces retrouvailles !

On fera ce petit crochet à Tena en bus pour des questions de temps… on y découvrira ou redécouvrira l’Amazonie, en un mot : grandiose !

Maintenant nous allons traverser une grande partie de l’équateur, direction la côte ouest. Et il risque d’y faire très chaud ! Ensuite on se donne rendez-vous à Guayaquil au Sud du pays, première ville du pays en nombre d’habitants dans laquelle nous allons rencontrer une prochaine institution de microfinance.

Bien plus que du micro-crédit

Le 23 février 2019

Lors de notre visite chez IMCA, nous rencontrons également trois femmes de la communauté de Barranco Bajo au sein de la municipalité de Ginebra. Toutes font partie d’un même groupe de producteurs et du groupe autogestionnaire d’épargne et de crédit local du village. Cette communauté met en place, en dehors des projets menés avec IMCA, des projets prenant racine de leur propre initiative. Ainsi, l’école a été rénovée et une salle de réunion a été remise à neuve.

La commercialisation de leurs productions agricoles est parfois difficile dans les campagnes. Les fruits et légumes sont rapidement périssables et leur transport jusqu’aux villes coûte cher. Ces difficultés empêchent certaines familles de tirer bénéfice des ventes. La communauté que nous rencontrons réfléchit à des alternatives et travaille sur un nouveau projet : les paysans se réunissent pour vendre leurs productions. Aujourd’hui, grâce à leur relation dans une ville voisine, leur objectif est de vendre la production dans un magasin spécialisé en alimentation bio. Le groupe de micro-crédit de cette communauté est plus qu’un groupe financier, c’est un groupe de confiance. Ensemble ils mènent des projets répondant à leurs propres problématiques. C’est notamment grâce au fond social récolté lors des réunions du groupe autogestionnaire d’épargne et de crédit local que les sommes d’argent nécessaires à chaque projet sont disponibles.

Un bel exemple de solidarité. Ici, l’union fait la force !

Rencontre avec IMCA

Depuis 56 ans, el Instituto Mayor Campesino (IMCA) multiplie différents projets pour valoriser les zones rurales, des zones oubliées et souvent délaissées.   

Le siège de l’association est basé dans un superbe parc, nous apprendrons par la suite qu’il s’agit d’une ancienne université où sont aujourd’hui accueillis desclasses, des séminaires d’entreprises ou de nombreuses formations. Dès notrearrivée on nous réserve un accueil chaleureux et nous passons la matinée avec Ricardo qui nous fait découvrir l’association et le fonctionnement de la microfinance. Les actions d’IMCA tournent autour de 3 principaux thèmes : l’accès à l’eau potable dans les milieux ruraux, les sciences politiques et l’économie sociale et solidaire.

Ce premier thème est essentiel, en Colombie l’accès à l’eau est presque intégralement gérée par des entreprises privées. Dans les campagnes, aucune entreprise n’organise la gestion de l’eau ainsi les communautés la gèrent par elles-mêmes. Cependant ces canalisations peu fiables sont sources de beaucoup de problèmes d’hygiène. IMCA travaille main dans la main avec ces communautés pour permettre une meilleure gestion de cette eau.

IMCA lutte aussi auprès du gouvernement pour défendre les droits Ruraux et la mise en place de meilleures conditions de vie (routes plus accessibles, accès à la santé, à l’emploi, …). Une place importante est aussi attribuée à l’éducation politique afin que les communautés rurales connaissent leurs droits et sachent à qui s’adresser pour mettre en place leurs initiatives.

C’est dans le dernier thème : l’économie sociale et solidaire que nous retrouvons les actions de Microfinance. Ici, il s’agit d’une microfinance de groupe, au fonctionnement atypique mais inspirant. Entre crédit et épargne cela permet à plus de 90 groupes une meilleure gestion de leur argent.

Des groupes de11 à 19 personnes (amis, familles, producteurs, communautés …) se réunissent tous les 15 jours. Lors de chaque réunion, chacun dépose une somme prédéfinie au sein de la caja. Cet argent permet à qui le veut de faire un emprunt au groupe, cet emprunt est soumis à un taux d’intérêt que le groupe a défini au préalable (en dessous de 3% par mois). Le bénéficiaire possède 6 mois pour rembourser le crédit. Les taux d’intérêt récoltés permettent d’agrémenter la caja.

« Cela nous permet d’avoir accès à un crédit plus facilement, bien moins cher que chez une banque et sans démarche administrative » nous dit un jeune membre d’un groupe.

A la fin de l’année, lors d’un grand repas, ils se répartissent l’argent récolté. IMCA intervient au sein de ce groupe uniquement par l’intermédiaire d’un facilitateur qui veille à ce que chaque règle soit bien respectée. A la fin de la réunion, la caja est fermée par 3 cadenas, dont 3 personnes différentes possèdent la clé. Symbole de l’importance du groupe, d’être ensemble.

Ici, chaque groupe décide de son propre fonctionnement, de sa propre manière de mener la microfinance en fonction des besoins et des capacités de chacun. Cela forme des groupes soudés et vont parfois au-delà d’un simple aspect financier. Un dernier point que l’on vous détaillera bientôt…

Petite escapade Colombienne

La Colombie est un pays fascinant, chaque paysage est une rencontre. Chaque coup de pédale est une nouvelle découverte.

Ici, un ciel bleu ne veut pas dire que nous n’aurons pas de pluie. La météo est imprévisible. Il nous est arrivé plus d’une fois de devoir nous arrêter, trempées jusqu’au os, attendant que la pluie cesse. Car, dans ces cas-là nous ne pouvons plus rouler tant notre visibilité est réduite. Un gros nuage gris passe. Le soleil revient, nous pouvons repartir. Malgré la pluie nous n’avons jamais froid, la température oscille entre les 26°C, mais surtout l’air est lourd, chargé d’humidité et nous fait transpirer.

Nous avançons vers Buga, ville où nous allons rencontrer notre première association de microcrédit. Nous avions prévu de rencontrer une association de producteurs de café, malheureusement nous n’avons pas de nouvelles.

En Colombie, les enfants vont à l’école tous les matins sauf le week-end. Leur après-midi est libre pour vaquer à leurs occupations. C’est un pays sportif. On y joue le football bien-sûr, masculin comme féminin, mais aussi rugby, course à pied, musculation et vélo. Ce dernier tient d’ailleurs une place très importante. Les personnes ne pouvant pas s’acheter de moto ou de voiture, l’utilise pour se déplacer. Les autres font des sorties VTT entre amis. Entre le 10 et le 17 février se tient d’ailleurs “el tour de Colombia”, l’équivalent de notre célèbre tour de France.

Cependant les loisirs ne durent pas très longtemps, les colombiens travaillent 48h par semaine et ont 15 jours de vacances par an. Le dimanche, comme la population est très croyante, les églises sont bondées. Nous recevons tout au long de nos rencontres, de nombreuses bénédictions pour notre voyage.

De nombreux jeunes que nous avons rencontrés ont conscience de la richesse de leur pays et de l’environnement magnifique dans lequel ils vivent. Cependant ils espèrent un changement au sein de leur pays. Ils ont du mal à faire confiance aux hommes politiques ainsi qu’aux médias, nous confient-ils. Nous avons toujours reçu un accueil incroyable, les colombiens veulent que les étrangers gardent une belle image de leur pays, ainsi on prend soin de nous et on nous conseille toujours de faire attention. Il nous semble que de nombreux efforts sont tournés vers la protection de l’environnement. Les déchets, ne sont pour l’instant recyclés que dans la capitale mais nous sentons une population conscience que les ressources ne sont pas infinies. On constate aussi qu’émergent de nombreux parcs culturels et le nombre d’universités que nous croisons nous impressionne.

La Colombie c’est aussi et encore les couleurs. Couleurs vives des montagnes verdoyantes. Couleurs rouge, orange, jaune, bleu des oiseaux qui s’envolent lorsque nous nous approchons. Couleurs joyeuses des maisons sur le bord de la route. Couleurs de nos joues au soleil. Couleurs du coucher de soleil sur le lac de Calima. Couleurs chaudes des musiques latinos.

Armenia et la vallée de Cocora

Le voyage à vélo c’est l’opportunité de faire de nombreuses rencontres. Au travers des chemins, des montées et des descentes nous recevons de nombreux encouragements. “¡ Vamos, chicas valientes ! “

A Arménia nous sommes accueillies par Daniella, une fille qui rêve de voyage à vélo. Avec elle, nous découvrons la ville et de nombreuses autres femmes engagées. Nous participons à une réunion de femmes-cyclistes, pour elles le vélo représente bien plus qu’un moyen de transport, c’est aussi un signe d’émancipation et de dépassement de soi. Ensemble, elles ont décidé de créer un journal pour mettre en avant la pratique du vélo et partager les chemins sûrs qu’elles empruntent.

Le lendemain ce fut pour nous l’occasion d’aller dans un marché bio de la ville. En échangeant avec les agriculteurs locaux nous nous rendons vite compte qu’ici, comme en Europe, la recherche du “manger sain” se développe.

Plus tard nous participons a un “circulo”: assisses sous forme d’un cercle, chaque fois dans un lieu différent, un groupe de femmes se réunit. A tour de rôle, autour d’un thème défini à l’avance, ces femmes prennent la parole librement, sans jugement. Ici, elles recherchent un lieu où la parole se libère sans se soucier du regard des autres puisque tout se passe dans la bienveillance. Le “circulo” se termine par de vives embrassades.

Le week-end, accompagnées de 3 autres cyclistes nous partons à vélo pour 2 jours vers la Vallée de Cocora connue pour ses paysages verdoyants. Après une quarantaine de kilomètres et des montées interminables sous un soleil brûlant. Nous ne sommes pas déçues ! Nous plantons la tente devant les montagnes de Colombie, le soir le ciel se remplit d’étoile et se mélange aux lucioles. Pour notre première nuit en tente nous sommes comblées.

Micro-crédit Macro-Action Anne & Marie-Eve

Bogotà, la ville aux milles couleurs

Nous sommes arrivées à Bogotà lundi 28 janvier à 16h30 heure locale et 22h dans nos têtes. Nos vélos récupérés et regonflés, notre “hostal” trouvé et un repas avalé, nous sommes parties non pas à la conquête de la ville mais avant tout à la conquête de notre lit !

Nous avons décidées de rester quelques jours à Bogotà, le temps de nous acclimatiser à l’altitude, à la langue et au pays. Nous y découvrons une ville animée, colorée, vivante et verte ! Quelle surprise de découvrir des pistes cyclables partout et ses cyclistes fous allant à toute allure dans les rues. D’ailleurs tous les dimanches les voitures sont interdites pour laisser totalement la place aux vélos.

En déambulant dans les rues, on découvre des quartiers entiers recouverts de fresques plus impressionnantes les unes que les autres. Ces tags racontent l’histoire de Bogotà, des combats politiques menés et les aspirations pour un monde plus juste des artistes. Les photos parlent d’elles-mêmes, nous vous laissons les découvrir…

Une Cordillère sans frontière

On parle de nous !

J-1 avant le grand départ ! On finit de remplir nos saccoches avant les quelques heures d’avion… Puis arrivée prévue à Bogota en Colombie en fin d’après-midi (heure locale, H-6) !!

Et avant notre départ, voici un petit article paru dans la Voix du Nord cette semaine. Bonne lecture !

Notre chalet de Noël !

C’est bientôt Noël ! Pour bien préparer vos fêtes, MCMA se lance dans un marché de Noël. A côté de la vente de marrons chauds et des bonnets de père Noël se cache notre chalet ! Vous nous trouverez derrière des bracelets colorés, des peluches trop mimi et des p’tites décos de Noël originales. A ces jolies créations maison se rajoutent des truffes et des guimauves en chocolats avec pleins de saveurs : nature pour les grands amateurs, amandes ou écorces d’oranges pour les gourmands et pour les plus aventuriers : truffes au mojito ! Votre cadeau de Noël idéal joue à cache-cache dans un décor coloré.

Joyeuses fêtes à tous !

MCMA Anne et Marie-Eve
Marché de Noël Caudry Anne & Marie-Eve