Une émouvante rencontre avec Voix Libres

Pour arriver à Potosi, cette ville de montées et descentes à plus de 4000m d’altitude, il nous a fallu faire travailler nos poumons. A ce moment, nous étions loin de nous imaginer tout ce que nous allions y vivre.

A notre arrivée à Voix Libres, nous avons rencontré une équipe composée d’une dizaine de personnes, presque tous sont d’anciens mineurs que l’association à aider par le passé. Nous avons pu écouter leurs histoires, toutes différentes, toutes difficiles. Chacun vit aujourd’hui une espérance communicante et une envie d’aider d’autres personnes.

Micro-crédit Solidaire

Afin que vous compreniez bien, laissez-nous vous présenter Potosi. Il s’agit de la plus grande ville minière de Bolivie, 90% de l’économie locale dépend du minerai. L’exploitation du Cerro Rico, la riche colline, date de la colonisation il y a plus de 500 ans. Depuis cette époque, le mont est exploité nuit et jour. Aujourd’hui ce sont plus de 1500 personnes qui vivent sur ce cerro et les autres travailleurs vivent dans la ville en contrebas. Nous nous sommes rendues de nombreuses fois sur cette colline et avons vu les conditions de vie des familles : leur maison est une pièce unique, en général de 8 m² pour des familles allant de 5 à 12 enfants, sans électricité, sans système d’évacuation des déchets, sans eau ni sanitaire. Et pourtant, au sein de ces conditions de vie inhumaines existe une véritable force et envie d’avancer. Nous avons pu écouter le témoignage de leur vie, leurs souhaits mais avons également échangé des embrassades et des rires. Une vraie vie se dégage de ces familles souvent déchirées avec un père absent ou alcoolique. Pour survivre et nourrir la famille, les ainés commencent à travailler généralement très jeune dans les mines. D’autres conditions très dures les attendent alors. Enfermés dans une fourmilière géante, ils travaillent dans l’obscurité complète et dans une poussière très néfaste pour la santé. L’ambiance de travail est pesante, ces adolescents sont face à un monde dur d’homme et d’alcool où l’insécurité est omniprésente. Nombreux sont ceux qui ne reviennent pas de la mine suite à une explosion, un écroulement ou encore suite à une maladie. C’est dans ce monde qui nous paraît bien lointain que travaille l’association Voix Libres. Un monde bien lointain certes, mais tout de même palpable et duquel nous sommes dépendants.

L’association mène de nombreuses actions principalement tournées vers les femmes et les enfants. C’est ainsi que dès le lendemain de notre arrivée nous sommes parties distribuer des fournitures scolaires aux enfants des mines afin d’ils puissent étudier. Nous avons visité l’école Robertito construite il y a plusieurs années par l’association qui se situe en face de l’entrée principale de la mine. Un internat a également ouvert cette année afin que les adolescents puissent continuer leurs études dans la ville, car dans le cerro, il n’existe ni collège ni lycée. Nous avons partagé de beaux moments en compagnie de ces internes : parties de foot, travaux manuels, jeux extérieurs et avons même danser comme des fous ! C’est un lieu rempli de bonne énergie et d’épanouissement. Aujourd’hui, 9 filles et 9 garçons aux lourdes épaules bénéficent d’une chambre proche de leur école, d’éducateurs et de nourriture gratuite.

Afin d’aider les mères de ces familles la microfinance s’est avérée être un outil très utile : des femmes peuvent gratuitement participer à des cours pour apprendre à utiliser des machines de tricot. Après cette formation, elles ont la possibilité de faire un micro-crédit pour acheter cette machine, créer et vendre leurs propres productions. Il existe également une autre forme de micro-crédit grâce auquel les femmes peuvent créer n’importe quel business tout en bénéficiant d’un accompagnement. Pour chaque micro-crédit le principe est le même : il s’agit d’un micro-crédit de groupe. C’est-à-dire qu’au sein d’un groupe d’une dizaine de personnes chacun se porte garant de l’autre. C’est ainsi que l’association se protège et responsabilise les emprunteuses. Ici, le taux d’intérêt est de 0%, l’association se finance uniquement grâce à des dons et à la vente de tricot en Europe. Nous avons pu être témoins de la joie et de l’espérance qui anime ces femmes. Notre mission a pris tout son sens ici : nous avons pu donner main dans la main un micro-crédit de 1 000 Bolivianos (129 €) à 9 femmes afin de lancer leur petite entreprise. Ce micro-crédit provient des dons que vous avez faits au projet Une Cordillère sans Frontière. Jusqu’au mois d’août se seront 40 micro-crédits au total qui seront délivrés et permettrons d’aider 40 familles. Un immense merci à vous, car sans vos dons, ces micro-crédits n’auraient pas pu être faits ! Nous aimerions vous partager la reconnaissance, l’espérance et les sourires de ces femmes. Ce sont des ventes de hamburgers, de friandises pour les enfants ou de petites boutiques en tous genre qui vont ouvrir leurs portes. Mais c’est avant tout la possibilité à ces personnes de voir un nouvel avenir s’ouvrir à elles et à leurs enfants.

Merci à vous de nous avoir permis de leur transmettre cet espoir et merci à elles pour leur énergie positive. Elles représentent un modèle de courage qui nous aura marqué et une inspiration pour notre vie future.

One Comment on “Une émouvante rencontre avec Voix Libres

  1. Pingback: Balade bolivienne | Une Cordillère sans Frontière

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